"Ouest France"                   Pourquoi François Bayrou croit en son étoile "            samedi 14 janvier 2012"

En avance dans les sondages par rapport à 2007, le candidat centriste se compte désormais parmi les trois présidentiables.

Ne lui demandez pas pour qui il se désistera : « Mon but est de gagner. En 2007, confie François Bayrou en privé, dans mon inconscient, mon but premier était de faire un score. Ce n'est plus le cas. » Et alors que les enquêtes annoncent un doublement de son score en deux mois, il ajoute : « Quand les sondages montent, ça ne me trouble plus... »

Qu'est-ce qui lui permet cette sereine confiance ? Le relatif discrédit de ses adversaires, bien sûr, l'absence de Jean-Louis Borloo et peut-être bientôt d'Hervé Morin. Mais au-delà de la tectonique électorale, c'est sa personne qui joue. "Les électeurs votent sur ce que vous êtes. » Et lui entend profiter de cette campagne pour « que l'on devine le président que je pourrais être ».

Une part croissante de Français se sentent tentés par cette troisième voie, autour de celui qui fut le plus lucide pour anticiper la gravité de la crise. Face à l'enjeu - 50 milliards d'économies, 50 milliards de recettes à trouver - « il ne faut plus que l'on se définisse contre la gauche ou contre la droite. Il faudra bien que tous soient autour de la table ».

 

 

Ça commence par une campagne civilisée. « Je ne participe à aucune polémique de bas étage. » Ou encore : « Je ne découpe pas les Français en tranches. Je ne parle pas aux jeunes comme à des jeunes et aux vieux comme à des vieux. Ce sont tous des citoyens.

 


                                                                           

« Un pays uni, rien ne lui résiste ! »

Et ça, ça marche plutôt bien. François Bayrou, l'admirateur de Henri IV le rassembleur, compte les ralliements, observe les hésitants : « Ça dépendra des sondages. » Mais pour gouverner ? « J'en appelle à une majorité ouverte autour de 10-12 grands principes. La seule condition, c'est que tout le monde soit d'accord sur ce corpus. »

Au fil des semaines, et ça aide aussi une dynamique, François Bayrou s'est projeté dans la fonction. « Il faut renouer avec la Constitution : le Président inspire, le Premier ministre doit être un Premier ministre de plein exercice. Il faut un dialogue gouvernement-Président, une coresponsabilité. Dans la crise, on ne peut pas fonctionner avec des opposants ou des exécutants serviles. Un pays uni, rien ne lui résiste ! »

Cette belle vision - naïve, diront certains - d'une gouvernance « plus complice et moins complaisante » ne masque-t-elle pas un grand vide programmatique ? Avec une précision professorale, il vous démonte les blocages sociaux comme il vous démontre l'insignifiance d'une TVA sociale. On y croit ou on n'y croit pas, mais le Palois ne sera pas un pâle compétiteur.

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